CREATIVITE
(Dernière mise à jour : 28 avril 2010)
Cette section va être excessivement vivante. Son but est de décrire des méthodes et des outils qui me servent pour créer mes tours, mes textes et mes spectacles. Les méthodes, je les ai trouvées seul au début, puis en me passionnant pour la psychologie de la créativité, j'en ai découvertes beaucoup d'autres (je n'en ai adopté qu'une petite partie). Les outils, je les utilise tous les jours. Je pratique des exercices de créativité très régulièrement pour trouver de nouvelles idées ou faire évoluer mes routines. Bref, la théorie et la pratique je les ai, la plupart des articles sont déjà écrits mais éparpillés sur mes carnets. Ce qui va être plus complexe sera d'expliquer et de décrire tout ça de façon claire et organisée. Le processus de création est généralement assez chaotique, ça ne démarre jamais de la même façon, souvent par hasard et pour atteindre des buts toujours différents.
Le contenu de cette rubrique va donc beaucoup évoluer et se modifier au fil du temps. Les chapitres seront écrits dans le désordre selon mon humeur du moment. Des articles vont changer de position ou éclater pour se retrouver éparpillés dans d'autres chapitres. Bref ça va vivre jusqu'à ce que le tout se tienne, soit utile, efficace et que je sois content du résultat. De toute façon, pour ne pas vous y perdre, vous avez en premier lien dans le sommaire le mind map du projet pour vous permettre de voir l'ensemble du projet.
Bientôt en ligne :
- Les conditions de l'"illumination"
- Vous plaisantez ?!!! (La magie c'est comme une bonne vanne)
- Musique
- Recyclage
- Démontage et customisation
- Frankensteineries
- Visualisation
- Une bonne pub : un bon tour
- Les catalogues de chez Climax (mieux que les pages lingerie de la Redoute)
Introduction
Il faut désacraliser l'acte de créer. Nous avons une vision de la créativité complètement castratrice. Il n'y aurait que les dieux et les génies qui auraient le droit de créer. Ça doit sans doute tenir à notre culture latine. Alors que les anglosaxons sortent des méthodes de créativité à la pelle, nous en sommes encore à attendre que l'inspiration nous soit offerte au hasard, comme des pétales de rose lancés de l'Olympe par des muses à moitié nues (c'est le seul point positif).
Et comme si ce frein à la créativité n'était pas suffisant, le monde de la magie a tendance à nous brider sérieusement. Même si ça change un peu depuis quelque temps, il faut quand même avouer que la vénération du passé ne pousse pas à la créativité. La base même de la créativité est le sens critique. C'est grâce à lui que nous pouvons isoler les problèmes à résoudre ou les améliorations à apporter à tous les niveaux de notre activité. Or dans le monde de la magie, combien de fois j'ai entendu des réflexions du style : "Qui es-tu pour te permettre de critiquer" ou "Si tel grand magicien fait comme ça c'est qu'il y a une raison, donc tu dois faire pareil" etc... On voit même des professionnels reprendre au mot près des routines de Gaëtan Bloom, de Merlin ou de grands magiciens américains (fautes de traduction incluses).
Le problème c'est qu'on a trop tendance à penser qu'une création doit forcément être géniale. Contentons nous de créations personnelles et vous verrez qu'au final ce sera génial. Être créatif ne veut pas dire non plus réinventer la poudre à chaque fois et les allumettes en prime. Il s'agit toujours de personnaliser au maximum ses routines et ses spectacles afin qu'ils soient personnels et innovants dans leur globalité. Beaucoup de grands magiciens innovent uniquement au niveau de leur personnage. Ils ne font que des grands classiques de la magie. L'essentiel étant de faire vivre leur personnage sur scène et le résultat est souvent génial. D'autres se penchent plus sur le texte, la technique ou la mise en scène. Mais l'essentiel c'est la part personnelle que vous apportez dans votre magie, c'est la véritable valeur ajoutée de votre travail.
Créer est une attitude naturelle chez l'homme. C'est comme rire, pondre de nouveaux impôts, faire des gestes insolites aux autres conducteurs dans les embouteillages ou encore avoir envie de faire péter sa planète. Les autres animaux n'ont pas ce genre de comportement et c'est pour cela que nous leur sommes supérieurs.
Tout le monde est capable de créer. Beaucoup de gens pensent qu'ils ne sont pas créatif parce qu'aucune idée géniale n'est jamais apparue dans leurs cerveaux. Ils n'ont simplement jamais pris le temps d'essayer.
- Il faut s'accorder du temps et des moyens. Aujourd'hui beaucoup de gens ne prennent même pas le temps, en dehors du boulot, de rester une demie heure seuls avec eux-même sans télé, sans radio avec le cerveau 100% opérationnel. Je n'ai jamais trouvé de bonne idée devant TF1. La créativité demande des outils aussi. Rien d'onéreux. Je vous ai fait une shopping liste plus loin.
- Il faut se faire un peu confiance. Une création est un peu un miroir. Beaucoup ont peur de créer comme certains ont peur de se voir en vidéo ou de s'écouter. La question est : "Si je crée et que je ne trouve rien ? Et si je crée et que c'est nul ? Ou pire encore ! Si je crée, que je trouve ça bien et que tout le monde déteste...". Ma réponse est la suivante : je fournis toutes les methodes, fournissez le temps et les moyens et vous arriverez à créer des choses personnelles, pour le reste, l'auto-critique est là pour vous mettre à l'abri des critiques extérieures, souvent trop d'ailleurs. La sincérité n'est critiquée que par les frustrés.
- Il faut se laisser plus d'une chance. Vous allez remplir tout doucement vos carnets. Vous ne trouverez jamais un spectacle entier en une nuit, et au début ça aura du mal à venir, mais au bout d'un moment vous vous rendrez compte que dans vos carnets se trouvent des idées qui se combinent bien ensembles. Quand vous écrirez un numéro, 40% sera déjà écrit et le reste vous arriverez facilement à le trouver.
Et si vous n'êtes pas convaincus voici 10 bonnes raisons (et quelques) d'être créatif :
- Ne plus avoir un spectateur qui vous dit : "Ah oui je connais ce tour avec les petites boules rouges"
- Ne plus se battre avec les autres magiciens avant une presta pour savoir qui va faire la carte au portefeuille
- Trouver une idée c'est presque aussi bon qu'un orgasme... on s'en contentera
- Innovation rime avec pognon
- Vous pourrez dire que vous faites des tours vraiment undergrounds dans votre clubs de magie
- Avoir des tours à échanger avec d'autres magiciens
- Faire des économies (ne plus être obligé d'acheter 6 DVD pour trouver un tour vraiment utilisable)
- Faire des tours qui vous conviennent vraiment. (Imiter Tamariz c'est trop crevant et ça fait peur aux spectateurs surtout quand avant on vient d'imiter Troy Hooser)
- Se faire mousser en tant que créateur. Faire des concours et des confs
- Paraître supérieur à des magiciens qui passent des semaines à bosser les trucs impossibles des autres et qui n'ont pas 5 minutes pour réfléchir à ce qu'ils pourraient inventer.
- Être content de soi
- Être bien dans sa magie
- Être un artiste
Qu'est ce que la créativité ?
On pourrait faire une réponse excessivement longue à cette question. Celle que je vais faire sera une réponse courte qui va nous servir et qui va m'arranger.
Voici ce que dit wikipédia (l'encyclopédie du savoir approximatif) :
La créativité décrit — de façon générale — la capacité d'un individu ou d'un groupe à imaginer ou construire et mettre en oeuvre un concept neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème.
Elle peut être plus précisément définie — comme cela est fait dans le chapeau de la catégorie « créativité » — comme « un processus psychologique ou psychosociologique par lequel un individu ou un groupe d'individus témoigne d'originalité dans la manière d'associer des choses, des idées, des situations et, par la publication du résultat concret de ce processus, change, modifie ou transforme la perception, l'usage ou la matérialité auprès d'un public donné. ». Elle croise notamment la créativité individuelle avec la sérendipité ; l'aptitude à utiliser des éléments trouvés alors qu'on cherchait autre chose.
Voilà ce que je vais garder : La créativité est la capacité à associer des informations en mémoire ou accessibles en externe, afin de trouver des solutions innovantes à des problèmes.
L'aspect innovant de la solution est tout relatif. Si la solution trouvée existe déjà, mais n'est pas connue de la personne qui la trouve de nouveau, il y a évidemment quand même création.
LE PROBLEME* A RESOUDRE
Tout commence par un problème. Les objections du style "Oui... l'artiste qui peint une toile ou compose un morceau n'a pas de problème à résoudre" ne sont pas recevables. Ça prend du temps à expliquer, encore plus à écrire, mais il y a, à chaque fois, au départ, un problème à résoudre ou au moins un but à atteindre. Mais quand on ne parle encore que de but à atteindre c'est que les problèmes à résoudre n'ont pas encore été identifiés... Si on ne comprend pas ça, il est excessivement difficile de créer de façon régulière. L'étape numéro un dans le processus de création c'est de définir son "problème".
*: Le terme exact serait plutôt "une problématique", mais ça fait trop "je me la pète".
LES INFORMATIONS
Nous avons en mémoire et à disposition en externe (la bibliothèque, internet, les copains, les magasins...) un certain nombre d'informations classées et accessibles de façons différentes. Notre but sera double :
- avoir accès à un maximum d'informations
- parmi les informations à disposition, accéder à celles qui nous serons utiles afin de les mettre en relation.
LA MISE EN RELATION DES INFORMATIONS
C'est là que le bât blesse. J'ai trouvé et répertorié des dizaines de methodes, de trucs et d'exercices. Mais de manière générale, cela tient souvent du bol, du tâtonnement ou de l'illumination. Mais c'est comme toutes les bonnes choses, ça se cultive, ça se chasse ou ça se pêche.
LA DESHINIBITION TOTALE DE TES NEURONES DE FOLIE
Il est essentiel, durant le processus de création, de ne se poser aucune limite. Toute idée qui peut sembler inadéquate sur le moment peut trouver une solution plus tard, être utilisée dans d'autre circonstances ou bien mener à une autre solution. Chaque nouvelle idée est une vraie richesse.
LA SELECTION
Par contre une fois qu'on a bien déliré, il faut sélectionner la ou les meilleures solutions. Nous verrons différents outils qui permettront de tirer de la foule d'idées que vous allez avoir, celles qui vont vous permettre de réellement vous exprimer à un niveau personnel et créer un univers qui se tient.
Bon, ben on a du boulot... J'essaye de sortir un article par semaine :))
Comment augmenter sa créativité ?
Voici les éléments qui permettent de se presser le cerveau de façon efficace. Ceci n'est qu'une sorte de sommaire, une vision d'ensemble. Nous étudierons tout ça dans le détail par la suite dans différents articles. J'imagine que pour le moment ça peut paraître un chouillat obscure mais vous allez voir au fur et à mesure, que bien expliqué, tout est simple.
- Le coffre au trésor
C'est vous, ce que vous êtes, votre personnage et ce que vous voulez montrer à votre public. C'est en fait le fil rouge de tout ce que vous allez créer.
- La définition des cadres
Il existe plusieurs types de cadre. Les cadres sont des contraintes définies par votre personnage (voir le coffre au trésor), votre spectacle et votre numéro. Loin d'être des restrictions, ce sont les premières briques qui seront les fondations solides de votre création.
- La définition du problème
Une définition précise du problème représente 40% de la réussite de votre projet de création. Bien fait, l'analyse du problème permet de définir un but et une route à suivre... bref la structure de votre numéro, routine ou effet.
- Augmenter le volume des connaissances
On considère comme étant une connaissance tout ce qui peut être accessible directement en mémoire ou très facilement sur d'autres supports ou média (internet, boutique, thésaurus...). Notre but sera d'augmenter le nombre de supports dans lesquels trouver des informations.
- Cibler les connaissances correspondantes au problème
Pour chaque différent média auquel nous aurons accès, il faudra trouver le meilleur moyen d'accéder aux connaissances que nous allons utiliser pour la résolution de notre problème.
- Augmenter l'étendue de la visibilité sur la réflexion globale (je me comprends)
Une fois les informations rassemblées en vue de la résolution de notre problème, il va falloir les traiter de tête. Le cerveau est excessivement limité au niveau du nombre de donnée qu'il peut traiter simultanément. Les experts disent entre 5 et 9 infos à la fois. Il faut donc trouver des béquilles qui vont nous permettrent de faire bien mieux. Cela passe par un certain nombre d'outils très utiles.
- Associer les idées pour créer
Nous verrons différents exercices qui, combinés aux outils sus-cités nous permettront de laisser notre créativité s'exprimer avec un minimum de censure.
- Critiquer, filtrer, sélectionner les trouvailles
Certaines idées qui germeront de ce processus seront géniales, la plupart non, mais pourront être réutilisées dans d'autres circonstances, d'autres encore seront franchement mauvaises mais auront peut être la chance d'avoir une deuxième vie.
- La construction d'un numéro, d'une routine ou d'un tour
Assembler les briques que vous avez collecter ou créer.
Décrire vos créations de façon visuelle.
Créer des tableaux de bord pour améliorer vos routines.
Présentation de mes outils préférés (Shopping List)
Voici les outils que j'utilise au quotidien pour créer mes numéros, trucs, effets, textes.
- Stylo / Carnet
Afin de collecter les informations qui me passent pas la tête, par les oreilles ou par les yeux quand je suis à l'extérieur, j'ai toujours un carnet et un stylo. J'ai un carnet et un stylo dans mon sac, dans ma voiture, dans ma table de nuit, dans le manteau qui me sert le plus souvent. J'ai pris l'habitude d'acheter les stylos (bic cristal) par lot et j'en cache partout. Autant quand on n'a pas de carnet sous la main, on trouve toujours un bout de machin sur lequel griffonner son idée, autant quand on a pas de stylo c'est foutu...
- Ma future alternative au carnet
J'ai pris l'habitude d'écrire sur des carnets et de marquer des anotations sur les coins supérieurs afin de
repérer rapidement à quoi la page correspond (idée d'effet, line, musique sympa, mentalisme, magie, gimmick...). Le soucis c'est que lorsque je cherche une idée il faut souvent que je me retape trois ou quatre carnets pour trouver ce que je veux. Si vous avez un PDA, iPhone ou autre vous pouvez écrire vos idées, puis les classer dans une base de donnée, par thème. C'est l'idéal si ça vous convient... j'ai essayé, mais je trouve ça lourd. Mon carnet a toujours ses batteries chargées à fond et il ne met pas deux plombes à se lancer. De plus c'est beaucoup plus agréable et rapide d'écrire sur un carnet que sur un PDA. Un autre gros avantage du carnet sur le PDA (ou autre), c'est que lorsque vous écrivez un mot sur votre carnet c'est précisément ce mot là qui reste écrit sur la page... dingue non ?... Las amateurs d'écriture au stylet me comprendront.
Bref tout ça pour dire que ma prochaine façon de m'y prendre sera le bloc de feuilles perforées. C'est sous forme de carnet. On note ce qu'on veut et le soir on classe ça dans un classeur par thème... et zouh !
- Post-it
Vous verrez plus tard que le gros du travail consistera à bosser de la façon la plus visuelle possible. Pour cela rien de mieux que les post-it. Prenez-les super sticky de préférence, il en existe de différentes tailles, de différentes couleurs, de différentes formes (bulle, coeur, flêche...). Achetez-les tous.
Voici une photo de mon armoire défigurée par une attaque de post-it.
Pour qu'il ne vous arrive jamais ce genre de catastrophe je vous conseille vivement l'outil suivant. Car si c'est arrivé à mon armoire, ça peut aussi arriver à votre famille. D'autant plus que 3M a sorti les post-it XXL, ça devient vraiment dangeureux.
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- ZE Post-it board
Une fois que vous aurez acheté le stock de post-it, vous allez me demander : "Je les colle où ?".
"Sur la Post-it board" répondrais-je alors...
La Post-it board est constituée de deux plaques Carlène (plaques de plastique de 120cm x 80cm et 3,5mm d'épaisseur très légères) collées ensemble avec du Duck Tape ou du Gaffer. Ca fait comme une énorme pochette, une fois dépliée ça fait une grande surface sur laquelle vous pourrez coller vos post-it. Quand vous arrêtez de travailler, vous repliez la méga-pochette avec les post-it dedans, et vous la glissez derrière une armoire.
(Pour l'exemple et plus de visibilité, je vous en ai fait un avec un panneau rouge et
l'autre vert. Les miens sont noirs forcément...) |
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- Le thésaurus
Le thésaurus est un outil formidable. C'est une sorte de dictionnaire des synonymes, des nuances, des concepts approchants, des constituants, des contraires.
Il a deux utilités :
- La fonction de base de cet ouvrage est de permettre de trouver le mot juste. Dans l'écriture d'un texte c'est indispensable, que ce soit au service de la magie au niveau technique (en particulier en mentalisme) ou de votre texte pour transmettre une émotion (humour, suspens, romantisme, tension...)
- C'est aussi un outil exceptionnel pour explorer des concepts ou des univers pour faire des mind maps, ce qui sera une de nos principales occupations dans pas longtemps. |
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- Freemind
Pour associer les idées et faire les mind maps (carte mentale) dont nous allons parler plus tard, il y a un outil informatique formidable : Free Mind. Ce logiciel est gratuit, vous pourrez le télécharger ici.
(En recherchant une adresse pour télécharger Freemind je me suis rendu compte qu'un nouveau logiciel identique "Freeplane" est aussi disponible gratuitement, je le teste et je vous dis s'il est mieux).
- Freeplane
Bon, je viens d'essayer Freeplane avec beaucoup de plaisir. Je vous incite à essayer Freeplane en premier. Il est gratuit aussi. Voici l'adresse du site :
http://freeplane.sourceforge.net/wiki/index.php/Main_Page
- MML 1.0 d'Alvo Stockman
A télécharger gratuitement (toujours et encore) sur Hocus Pocus. Cet ebook explique une méthode pour décrire une routine ou un tour de façon très visuelle. L'intérêt c'est que sa méthode reprend, volontairement ou non, les formes des post-it.
Les mind maps
(ou carte heuristique... ou schéma de pensée... ou arbre à idée... ou carte mentale... etc)
Le principe de mind map n'est ni plus ni moins qu'un outil très efficace pour représenter les informations en reproduisant la structure dans laquelle elles se trouvent dans notre cerveau. Son côté intuitif, hyper visuel et ludique permet de mémoriser facilement et rapidement son contenu.
Beaucoup de littérature a été écrite sur ce principe, je vous incite à la lire (voire la bibliographie), c'est excessivement intéressant. J'utilise beaucoup ce système, mais je tenais à dire une chose avant de commencer vraiment à rentrer dans le vif du sujet. Il n'y a rien de pire que les gens qui vous disent comment ou quoi penser. En étudiant les livres sur la créativité, je me suis vite vu proposer, automatiquement sur des sites de vente en ligne connus, des livres faisant de la propagande de différentes sectes, les scientogogues* en premier. Que vous appreniez des techniques qui touchent la psychologie, la créativité ou autre, que ce soit de moi, ou de quelqu'un d'autre, il faut garder l'esprit ouvert mais excessivement critique. Les mind maps sont des outils au même titre qu'un marteau. Effectivement c'est très efficace. Si vous tapiez sur un clou avec un marteau après avoir passé votre vie à essayer de les enfoncer avec le plat de la main vous verriez une sacrée différence, ce n'est pas pour ça que le marteau va régler tous vos problèmes existentiels, vous faire réussir et vous faire rencontrer la femme de votre vie. C'est ce que promettent certains de ces livres. Ce n'est pas vrai... je le saurais. La femme de ma vie je l'avais déjà et le pognon je l'attends toujours.
* : Je parle bien des scientogogues, je n'ai pas fait de faute d'orthographe. Je ne parle pas, bien sûr, de l'association à but non lucratif qui pourrait me faire un procès si un de ses adeptes membres lisait ces lignes. Bref, je vous laisse, il faut que je fasse la grosse commission, je vais aux logues.
Je ferais sans doute un article dessus plus tard, mais la critique est de toute façon LE premier super-pouvoir du créatif. Je ne parle pas des insultes acides provoquées par la frustration. La critique permanente, est une sorte de sorte de sixième sens, un pouvoir d'étonnement, qui permet de déceler en tout, ce qui est positif et pourrait vous servir, ou ce qui est mauvais et qui devrait être évité dans ce que vous faites ou être utilisé pour provoquer certaines réactions chez vos spectateurs.
A noter, et c'est très important, que ce que je vais vous expliquer, le vocabulaire que je vais employer m'appartient, dans le sens ou c'est ma cuisine à moi tout seul. A la base, ce sont les mind maps, mais expliqué avec mes mots, mon expérience et ma façon de l'utiliser. Si vous ne retrouvez pas les même termes dans d'autres ouvrages c'est normal !!!
Historique
Comme la plupart des gens qui utilise les mind map, j'ai commencé à les utiliser dans une forme "pré-historique" de façon intuitive. C'est à force de rencontres et de recherches sur la créativité que j'ai trouvé les livres qui m'ont permis de cerner un peu mieux le sujet et de l'utiliser au mieux.
Je vous invite à aller voir l'article sur les cartes heuristiques sur Wikipedia.
Apparemment Aristote aurait utilisé ce principe. Mais c'est un anglais, Tony Buzan dans les années 70/80, qui a vraiment exploré le sujet à fond : il a fait le lien entre l'efficacité de la technique et le fait que ça corresponde à la struture réelle des informations dans le cerveau. Il a cherché à appliquer le système à un maximum de taches : prise de note, brainstorming, visualisation d'idée complexe ou d'arborescence, mémorisation, résumé de texte... faire le café, passer la tondeuse, faire la vaisselle.... C'est vraiment cette personne qui a popularisé les mind maps dans les pays anglosaxons. D'ailleurs je crois qu'il a déposé le terme de mind map. Du fait, je pense que soit il peut me faire un procès parce que j'utilise le terme, soit je peux lui demander du pognon pour avoir fait sa pub.
L'intérêt du mind map
La créativité est un peu comme le jeu Memory : à chaque fois que vous trouvez la paire vous gagnez (ou vous créez). Je m'explique.
Vous n'allez pas me croire mais le jeu de Memory est un jeu de mémoire. Non ?... si si !
Il se compose d'une trentaine de cartes qui vont par paires. |
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Les cartes sont disposées face en bas en une matrice.
Chaque joueur retourne, chacun son tour, deux cartes. Si elles sont identiques le joueur gagne un point. Par contre si elles sont différentes le joueur les remet à leurs places, face en bas. Chaque joueur garde bien sûr en mémoire (dont la durée est relative à chaque personne) les cartes tirées et reposées par les autres.
C'est simple comme jeu non ?
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Pour le cerveau ça se complique un petit peu.
Bonne nouvelle :
- Au lieu de retourner les cartes par paires, vous les retourner par 7 (le cerveau peut traiter en moyenne 7 informations, 12 pour les génies, 2 si vous regardez TF1)
- La méthode d'association est beaucoup plus large. Vous pouvez appairer les cartes à partir du moment où il y a un vague rapport : une connexion sémentique (un vague rapport quoi...).
Par contre, mauvaise nouvelle :
- au lieu d'avoir une trentaine de cartes vous en avez plusieurs centaines de milliers voire plusieurs millions.
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Autre mauvaise nouvelle :
Dans votre cerveau, c'est un peu comme s'il faisait nuit et que vous éclairiez le contenu avec une lampe torche. Vous ne pouvez retourner vos 7 cartes que dans la zone éclairée, et en plus, lorsque vous changez de zone, vous perdez une partie de la mémoire de ce que vous venez d'éclairer. |
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Et voici le grand pouvoir secret du pouvoir du mind map que c'est bien (roulements de tambour) :
Le mind map vous permet non seulemement d'éclairer une partie plus étendue, mais en plus vous pouvez retourner toutes les cartes de la zone éclairée. Et le meilleur, c'est que lorsque vous changez de zone, vous gardez la mémoire des zones précédentes.
(Mon grand projet était de faire une illustration avec que des cartes retournées dans les parties éclairées. Le problème, c'est qu'il aurait fallu que je trouve une centaines d'images différentes piquées à des artistes que je n'aurais pas payé, il aurrait fallu en plus que je les aligne sur les cartes... Pour le coup je vais vous demander de faire un effort d'imagination)
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Mais vous allez me demander :
A quoi ça ressemble un mind map ?
Excellente question !!! Et bien ça ressemble à ça : mind map initial de l'article que vous êtes en train de lire. <== Cliquez là-dessus
Qu'est-ce que l'univers ?
L'univers est une extension de l'objet... Qu'est-ce q'un objet ?
... Pas de panique.
Je pense que le concept d'objet rappellera quelque chose aux informaticiens. Nous allons partir, pour l'exemple sur l'objet "voiture".
Quand vous voyez une voiture de loin dans la rue, vous voyez un côté de voiture avec deux roues. Immédiatement le cerveau va faire un travail formidable : il identifie l'objet "voiture", que vous appercevez du coin du regard et va rechercher toutes les informations qui y sont rattachées :
- C'est un objet en 3D (il va modéliser l'objet en 3D et interpoler l'aspect de la voiture qui se trouve du côté que vous ne voyez pas)
- Elle a 4 roues (c'est peut être faux d'ailleurs)
- Un intérieur avec des banquettes
- Un volant, les cadrans, des pédales, un moteur, un levier de vitesse, un pot d'échapement...
Les objets sont constitués de propriétés (couleur, longueur, largeur, puissance...) et d'autres objets. La roue par exemple est un objet en soit, lui même constitué d'autres objets : pneus et jantes avec leurs propriétés...
Donc, lorsque vous voyez la voiture, le cerveau va amener en mémoire l'objet "voiture" avec directement disponibles un certain nombre d'informations importantes et communes à la plupart des voitures (4 roues, i y a un volant, un moteur, ça peut rouler, il faut une clé...). Tout un tas d'autres informations rattachées, mais peut être moins importantes ou moins directement liées à l'objet "voiture" sont plus ou moins facilement accessibles. Les mind maps vont nous permettre d'avoir en mémoire quasiment l'ensemble des informations correspondant à un objet. Mais mieux encore, ils vont nous permettre de visualiser un univers.
Donc on en revient au titre : qu'est-ce que l'univers ?
En fait, quand on pense à l'objet voiture le cerveau fait des liens logique sur tout ce qui constitue et qui caractérise une "voiture". L'univers est simplement l'ensemble de tous les objets, caractéristiques, informations, internes et externes qui sont liés de façon logique ou personnelles, c'est votre sauce, à l'objet de départ.
Et on y arrive enfin ! Nous allons explorer l'univers !!!... l'univers "voiture" bien sûr.
"Exercice !!!" s'exclama la maîtresse.
Prenez une feuille, et nous allons commencer par explorer l'objet "voiture".
Notez "voiture" au milieu de la feuille et laisser vous, mentalement, explorer l'objet. Vous commencer par penser aux roues, vous noter "roue". Vous dessinez un lien entre roue et voiture. A partir de roue vous pensez à Pneu, jante, rond... vous notez tout ça relié à roue et vous pouvez continuer avec pneu, jante et rond si vous le souhaitez. Ensuite on revient à la voiture, "volant" vient en tête et on recommence avec volant, on lie volant à voiture, et ainsi de suite. Voilà à quoi on peut arriver rapidement.

Vous remarquerez que le mind map que je viens de faire (très rapidement) m'est très personnel. Certains auront placé "clé" après "tableau de bord", moi c'est après démarrage que vous n'aurez sans doute pas écrit. De même la batterie est dans la partie "démarrage" et pas dans le "moteur". D'autre n'auront pas mis la belle mère dans le coffre, mais j'avais un copain qui disait toujours que j'avais un coffre immense et qu'on aurait pu y ranger sa belle mère et ça m'est resté en tête. Chacun aura son mind map personnel, en rapport avec la façon dont sont rangées les infos dans leur cerveau. Il n'y a pas énormément de pièces dans mon moteur, parce que je suis nul en mécanique. Un expert aurait doublé la taille du mind map simplement avec son savoir sur les moteurs.
Maintenant, à quoi ressemblerait mon univers "voiture" ?
Je vais maintenant intégrer des concepts, des univers qui sont extérieurs à l'objet "voiture" :
J'ai réalisé ce mind map très rapidement aussi (je ne passerai jamais plus de 5 minutes à vous trouver un exemple... parce que si les exemples sont trop bons je vais me les garder). Mais si vous regardez bien, des branches entières sont venues se greffer au mind map de l'objet "voiture". Par exemple le voyage, la vitesse, la route... Ces objets ne sont pas une partie intégrante de la voiture, mais ils ont un lien évident. Si vous regardez dans vitesse, il y a caniche, tout au bout relié à ballon. Ça n'aura peut être pas sa place dans votre mind map, mais dans le mien le lien il est évident.
Une autre chose encore. Voyons ce à quoi ressemble le mind map mis en forme avec un logiciel du type freemind ou freeplane :
Vous remarquerez les jolis petits nuages qui englobes les différents groupes importants. Ça rend le schéma beaucoup plus clair et lisible. On peut aussi rajouter toute sorte d'icônes, je n'ai employé que des ampoules pour l'occasion, pour moi ces ampoules sont des idées qui ont fait mouche. Parce que forcément si j'explore l'univers "voiture" ce n'est pas pour me faire plaisir mais pour, par exemple, trouver des routines pour l'ouverture d'un garage. Pour le coup c'est juste pour vous expliquer mais nous allons faire comme si je devais trouver des tours pour l'ouverture d'un garage. Je ne parle pas là d'une concession où pour l'occasion on part sur des concepts imposés par la marque (haute technologie, écologie, maniabilité en ville...) et qui feraient chacun l'objet d'un mind map. Imaginons que votre oncle Lulu ouvre un garage, qu'il fait un cocktail de bienvenue et vous demande de lui faire un close-up personnalisé pour cette occasion. Vous faites votre mind map et une fois terminé, certains termes feront "bingo !!!" dans votre cerveau. Par exemple vous y trouverez "carte", "pièce"... vraiment très évidents. Vous les marquez d'une ampoule comme moi ou de ce que vous voulez.
Pièce : Si le terme pièce a résonné particulièrement c'est bien sûr que c'est un des accessoires préférés du magicien. Faites donc le lien entre la pièce de moteur et la pièce utilisée par le magicien. Imaginez, vous arrivez devant un client. Vous lui dîtes : "Oh regardez vous avez une pièce derrière l'oreille...". Vous sortez une bougie de démarrage de derrière son oreille. "Tient, c'est étrange c'est une pièce... de moteur, vous devez adorez ça non ? Vous vous entendrez bien avec le propriétaire de ce garage"
"Mon oncle a toutes les pièces" : tour avec production de pièces étrangères, final avec pièce jumbo ("même les plus grosses")
A vous de trouver les tours qui vous correspondront. Bref vous êtes assis sur une mines de tours et de présentations de tours, idem pour la carte routière et la carte à jouer, le ballon, la clé, le flash, le bouchon... Vous retrouverez tous ces éléments dans votre arsenal de magicien. A vous de les adapter. Un bouchon peut très bien disparaître dans un flash. Vous pouvez faire une expérience de mentalisme sur le thème des ondes reçues par votre autoradio....
Le mind map vous aura permis d'explorer à fond un univers et vous donne des thèmes de tours exploitables.
Dans cet exemple nous sommes parti d'un thème pour aller vers le tour, mais nous aurions très bien pu faire le contraire. C'est ce que je fais quand je me trouve avec un tour qui ne m'inspire pas beaucoup entre les mains. Vous pouvez donner du sens, ou une présentation originale en faisant le mind map d'un tour classique. Nous verrons tout ça plus tard.
Mais les mind maps nous serviront à énormément de tâche différentes sachant que c'est le meilleur moyen de se tirer les informations du cerveau, de les y faire rentrer et de les organiser.
Le mystère Marylin Monroe
Suite au prochain épisode...
Le coffre au trésor
Le coffre au trésor est le cœur de votre créativité et le fil rouge de chacun de vos sets ou spectacles. En gros c’est vous, votre personnage, ce que vous voulez communiquer consciemment et inconsciemment. Cet outil va amener une personnalité, une unité et une véritable épaisseur à tout ce que vous allez créer.
Concrètement le coffre au trésor est une collection de textes, d’images, de musiques et de vidéos. Vous pouvez garder ça dans une belle boîte ou un beau classeur sous forme de papiers et de DVD ou dans un beau (…) répertoire de votre ordinateur, sous forme de mind-map relié aux différents fichiers documents, musiques ou vidéos.
Vos images
Dans votre coffre au trésor il y aura beaucoup d’images. C’est comme cela que vous trouverez votre identité visuelle. Dès qu’une image vous plaît, gardez-la, découpez-la, scannez-la, imprimez-la et mettez-la dans votre coffre au trésor.
Ca pourra être :
- Une image de mode, un style ou des vêtements que vous auriez envie de porter.
- Une photo qui évoque une ambiance que vous voudriez retrouver dans vos spectacles
- Des alliances de couleurs que vous trouvez sympa et que vous pourrez utilisez pour habiller un tour, des documents ou votre site web.
- Une mise en page intéressante.
- Des meubles dont le style irait bien à vos éléments de décors.
- Les personnages que vous admirez.
- Une photo ou un tableau dont vous pourrez vous inspirer pour la structure d’une affiche.
- Et plein d’autres choses encore dont seul vous verrez l’utilité…
Gardez tout ça précieusement dans un bel album.
Vos musiques
Certaines musiques vous parlent plus que d’autres et vous mettent dans un état émotionnel particulier : de bonne humeur, triste, énergique, posé, bizarre ou autre…
Faites une liste de vos musiques préférées classées par émotion qu’elles provoquent en vous.
Ces musiques vont vous permettre de créer plus facilement des textes ou des numéros dans l’émotion souhaitée.
Lorsque que vous aurez à travailler sur un numéro, que ce soit à l’écriture ou aux débuts des entraînements devant la glace, en vous passant cette musique vous allez pouvoir plus facilement rentrer dans l’état d’esprit qui vous permettra de faire passer l’émotion souhaitée et ainsi vous pourrez canaliser votre créativité.
Par exemple, personnellement, “Killing in the name of” de Rage Against the Machine a tendance à me filer la patate, je l’écoute si je veux plutôt créer un numéro pêchu et visuel. Si je veux créer un numéro classique et classe, je me passerais plutôt « New York New York » par contre si je veux trouver des idées plus sombres ou bizarres j’écouterais un album de Zool Flesher ou de Tools. En ce moment, j’écoute Air, c’est le meilleur groupe pour me faire écrire.
Ces musiques sont comme des boutons qui vous permettront de vous mettre automatiquement dans les états de créativités voulus.
De plus si vous répétez avec ces morceaux, l’ensemble de vos sets ou de votre spectacle vont s’imprégner de ces musiques. Au niveau du rythme de vos routines, il y aura une certaine unité qui sera ressentie par le public. Les numéros comiques auront un certain rythme, les numéros bizarres un autre et encore un autre pour les numéros romantiques. Cela servira de repère pour vos spectateurs qui recevront cette information subliminale comme une indication de l’état d’esprit du tour. Et le plus important de tout : ces rythmes seront les vôtres, ce ne seront pas les rythmes des différents artistes que vous avez vu démontrer les tours.
Au point de vue émotionnel c’est très efficace. A force de vous être entraîné sur ces musiques, quand vous vous produirez en public, vous serez de nouveau automatiquement habité par l’émotion voulue et donc plus à même de la transmettre.
Bref créez votre arsenal de musiques, elles vous seront très utiles.
Vos vidéos
Mettez dans votre coffre au trésor les vidéos de vos artistes préférés : films, concerts, spectacles.
Ce qu’on met dans le coffre est plutôt personnel, c’est pourquoi je ne détaille par forcément ce qu’il contient, mais pour les vidéos je vais faire un effort.
Une des vidéos que j’adore, c’est Wayne Dobson qui fait un numéro avec deux spectateurs et deux balles en mousse devant plusieurs centaines de spectateurs. La salle est morte de rire. C’est un triomphe. Tout repose sur son personnage. On a souvent tendance, par manque de confiance en soi, à privilégier l’aspect matériel, mais c’est le personnage qui fait tout. On a toujours trop tendance à se cacher derrière le tour, alors que le tour est juste une excuse pour investir la scène. Cette vidéo est une excellente leçon. Je devrais la regarder plus souvent… Je pense que ma femme va être d’accord aussi quand elle lira ces lignes…
J’ai des bons spectacles qui me donnent de bons coups de pied au *chnut* : Le Blue Man Group, Tenascious-D. J’adore aussi les spectacles de clowns russes du style Slava Snow Show ou Gigalov, ils sont très forts pour créer de bonnes situations comiques à partir de pas grand-chose.
Quelques magiciens y sont aussi : David Copperfiel, Daryl dont j’adore la personnalité et le style après sa période moustache, Penn and Teller, Wayne Dobson, et quelques autres
Il y a aussi les vidéos qu’on a tourné durant mes spectacles… c’est plus pour corriger et surtout, le plus important, pour ce que j’appelle « créer sa propre marionnette » de façon à pouvoir se visualiser facilement. Mais ça j’y reviendrais plus tard.
Votre personnage
J’entends souvent des magiciens qui me disent, moi je ne travaille pas de personnage je préfère rester naturel. Pour moi, ça ne veut rien dire. Le naturel n’existe pas ou bien quand on est tout seul et ça je n’en suis pas tout à fait sûr. On porte un masque (voire la théorie expliquée dans the Mask) à partir du moment où on se trouve en présence d’une autre personne et même avec ses proches. Rien qu’un petit exemple, la plupart des hommes évite de péter au lit en présence de leur femme alors qu’ils ne s’en privent pas quand ils sont seuls. Peut-on dire qu’is sont encore naturels alors qu’ils essayent de donner d'eux une image de mecs classe ? Ce n’est qu’un exemple, mais plus on va se trouver en position de défense face à des gens qu’on ne connaît pas, plus inconsciemment on va se refermer d’un côté et envoyer des signaux émotionnels non contrôlés. Alors vous imaginez que c’est particulièrement lorsqu’on se trouve être le centre d’attention, dans le cadre d’un spectacle, face à dix ou huit cents personnes qu’il faut faire attention à son personnage, à ce qu’il doit exprimer et afficher comme image.
Dire "je veux rester naturel" veut juste dire je n’ai pas envie de prendre le temps de travailler l’image que j’envoie à mon public. Le problème c’est que dans ces cas là on est totalement inconscient de l’image que l’on envoie.
Imaginez un peintre qui travaille les yeux fermés sans savoir quel pinceau et quelle peinture il utilise. Il ne veut jamais regarder sa toile et ne se fie qu’aux réactions du public pour savoir s’il a fait mouche ou pas. Quand il peint une nouvelle toile il essaye vaguement de se rappeler les gestes qu’il avait faits pour la dernière toile qui avait plu sans même savoir pourquoi ça avait plu et quelles couleurs ou quel pinceau il avait utilisés… ce serait soit très amateur soit idiot (euphémisme) non ?
Dans votre coffre au trésor vous allez avoir une description de votre personnage ou de vos personnages.
- Son histoire
- Son style
- Ses traits de caractères (qualités ou défauts)
Pour définir les différents traits de caractère notez :
- Ce que vous pensez être
- Ce que les autres perçoivent de vous
- Ce que vous voulez être
- Ce que vous voulez que les autres perçoivent de votre personnage
- Ce que vous savez jouer comme émotion
Vous allez faire un mix de ces informations d’une façon qui n’appartiendra qu’à vous et vous obtiendrez les 7 traits de caractères principaux de votre personnage. S'il y en a moins de 7 ce n’est pas grave, s’il y en a plus il faudra trier.
Pour ceux qui souhaitent réellement rester naturel, choisissez vos traits de caractères propres.
Ensuite il faut créer une hiérarchie dans ces traits de caractères. Noter de 1 à 7 l’ordre d’importance de ces traits de caractères.
Ces informations vont vous servir pour affirmer puis dévoiler votre personnage au cours de votre performance.
Vous révéler durant votre spectacle
La découverte de votre personnage est l’histoire principale de votre spectacle.
Si on en revient à l’image du coffre au trésor : imaginez que vous découvriez un coffre sur la plage d’une île déserte. L’aspect extérieur vous donnera une idée de ce qu’il contient. C’est peut être un coffre magnifique, on s’attendra alors à y découvrir un maximum de pognon. Mais c’est peut être un coffre assez simple, qu’on ouvre par curiosité et qui contient un trésor : la bonne surprise. C’est peut être aussi un coffre très richement décoré, mais qui semble armé, piégé et dangereux…
Donnez envie à vos spectateurs d’ouvrir le coffre.
Votre apparence extérieure, votre entrée, est l’aspect du coffre. A vous de gérer ce que les spectateurs vont s’attendre à voir. Créez le mystère, le suspens et des interrogations.
Ensuite vous allez ouvrir le coffre petit à petit pour que les spectateurs en aperçoivent le contenu par petites touches. Vous allez distiller les informations que vous allez lacher sur votre personnalité ou votre histoire.
Il faut être simple. Le premier trait de caractère devra être exagéré et conservé tout le long de la performance. Les autres arriveront au fur et à mesure, mais devront être respectés par la suite.
Pour un set de 10 minutes de close-up n’allez pas au-delà de 3 traits de caractères.
Votre personnage, pour être intelligible et bien perçu par vos spectateurs, doit rester assez basique. Si vous proposez un personnage trop riche, les spectateurs ne se souviendront de rien et finalement vous aurez un personnage sans relief.
La poignée
La poignée du coffre est ce qui va permettre à vos spectateurs de vous ramener chez eux. C’est le truc dont ils vont se souvenir et qui va faire qu’ils vont se souvenir de vous.
Sans cette poignée les spectateurs vous oublieront vite et se rappelleront avoir vu de la magie plutôt que de vous avoir vu.
La poignée peut être involontaire : pour beaucoup, Bernard Bilis est « le gros de chez Sébastien… ». C’est sa poignée. Pour la plupart des magiciens c’est plus son boulouboulouplock qui reste.
Criss Angel c’est le magicien gothique, ou bizarre... Pour le coup ça a été bien géré.
David Copperfield c’est David Copperfield… là c’est l’idéal ou le mari de Claudia Schieffer (c’est aussi l’idéal) pour ceux qui ne lisent pas les journaux…
Il faut être conscient de ce qu’on va placer en avant et comment les spectateurs vont se souvenir de nous.
Le double fond
Le double fond est tout ce qui va être caché dans le coffre. Tout ce qui y est et qui ne sera pas révélé aux spectateurs. Ce sont vos influences, vos images et vos vidéos. Ca peut être aussi un trait de caractère caché, un vice, un secret voire une maladie mentale qui va influencer votre présentation sans que ce soit su par vos spectateurs.
Normalement si vous gardez en tête que vos créations doivent être en accord avec votre coffre au trésor, que vous l’alimentez, que vous vous en inspirez, ce que vous pourrez faire ou créer sera tout de suite plus personnel, plus intéressant et surtout unique dans son ensemble.
C’est particulièrement vrai dans le close-up. Les agences vendent des « close-up » et pas tel ou tel magicien. C’est très vexant. Il est très important de pouvoir affirmer une différence.
Créer sa marionnette mentale
Considérez-vous, votre personnage, comme votre propre marionnette dans le théâtre de votre imagination.
Cela va vous permettre deux choses :
- durant le processus de création, vous allez pouvoir vous visualiser. Vous pourrez ainsi vous imaginer en situation et vous faire évoluer de façon assez réaliste en action sur scène.
- dans le feu de l’action ça aide aussi beaucoup à prendre du recul par rapport à ce que vous vivez et à toujours garder le contrôle. Vous vous imaginez manipuler une marionnette face aux spectateurs, ça aide à garder la tête froide.
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Pour cela vous devez d’abord pouvoir vous visualiser. Il n’y a pas trente-six solutions, il faut beaucoup se regarder : travailler devant la glace, se filmer en répétition, se filmer en spectacle et se regarder. Et c’est seulement quand on devient très familier avec son personnage, son physique, ses attitudes, ses mimiques, ses tics, ses gestes et sa façon de bouger qu’on peut vraiment se visualiser et s’exploiter au mieux. C’est loin d’être évident. Beaucoup de gens ne supportent même pas de se voir en vidéo, mais c’est un travail essentiel. Vous pourrez vraiment jouer de votre personnage comme d'un instrument de musique. Vous saurez éviter tel tic qui vous donne l’air d’un idiot, et vous saurez quand placer telle autre mimique qui vous rend sympa et fait rire les spectateurs. Il est impossible de s’apercevoir de cela dans le feu de l’action... De même il est très difficile de savoir si on sous-joue ou si on sur-joue, les intentions que l'on arrive à faire passer ou pas, bref si notre façon d'être est en accord avec ce que l'on veut faire ou dire sans se regarder.
Il est intéressant de demander l'avis des autres, mais noubliez jamais que si vous vous voyez à l'écran et que l'impression que vous donner est exactement ce que vous voulez faire passer, c'est ce que vous devez faire. Ecoutez ce qu'on vous dit mais c'est vous qui avez toujours le dernier mot.
Une fois que vous aurez intégré votre marionnette, que grâce à votre coffre au trésor vous l’aurez habillée et habitée d’une personnalité, vous saurez alors mentalement la mettre en situation et vous serez capable de créer des tours, des numéros ou des situations qui vous colleront à la peau.
Vous voudrez, par exemple créer un numéro de scène. Vous choisissez de partir sur un hommage à Salvano (je divague) : apparitions de verres de champagne avec en final une apparition de bouteille de champagne. Vous décidez de faire passer un sentiment assez festif. Vous choisissez dans votre liste de musique, celle qui correspond le mieux à cette humeur. Personnellement je mettrais « Tequila ». Vous lancez la musique. Vous fermez les yeux, vous imaginez la scène. Votre marionnette fait son entrée. Laissez-vous aller, regardez votre marionnette évoluer sur scène, suivre les différents scénarios qui vous passeront par la tête. Votre numéro sera sur pied en moins d’une heure. Après, restent bien sûr les problèmes techniques… mais bon, le plus dur est fait.
Bibliographie
A priori si vous lisez tout ça, vous arriverez aux mêmes conclusions que moi.
"Psychologie de la créativité" de Todd Lubard chez Armand Colin
Excellent livre sur les mécanismes de la créativité
"La boîte à outils de la créativité" de Edward de Bono chez Éditions d'Organisation
Une bonne masse de méthodes différentes pour trouver des idées innovantes. Certaines sont vraiment ciblées entreprise, pour un travail de groupe, ce qui ne nous est pas franchement destiné à nous les magiciens vu que nous créons seul parce que sinon on va nous piquer nos idées... )8o\ (<== smiley 2nd degré mais néanmoins chargé de paranoïa). Mais dans l'ensemble les différentes méthodes que j'ai trouvées à droite ou à gauche y sont répertoriées et très bien expliquées.
"Magie et mise en scène" de Henning Nelms aux Éditions du Spectacle (ou à pas cher en anglais aux édition DOVER sous le nom "Magic and Showmanship")
Il faut au moins l'avoir dans sa bibliothèque pour dire aux copains magiciens qu'on l'a lu. Ça fait plus sérieux. C'est intéressant mais ça a un peu vieilli. En plus il a sournoisement piqué l'image de l'apparition du hamburger de David Stone pour parler de la force des effets impromptus.
"Fondations" de Eberhard Riese chez Magic Dream
C'est l'école de la scène allemande. D'excellents conseils sur la création d'un personnage, l'habillement, le choix des tours, l'éclairage...
"Leading with your head" de Gary Kurtz
Obligatoire pour tout magicien
"Les cinq points magiques" de Juan Tamariz
Obligatoire pour tout magicien
"Le chemin magique" de Juan Tamariz
Obligatoire pour tout magicien
Les DVD "Lessons in magic" de Juan Tamariz
Il y a entre autre dans cette trilogie de DVDs un passage remarquable sur l'utilisation de l'humour et de la tension pour améliorer l'efficacité des effets magiques dans les routines de close-up.
"Creativity 07" de Dan Sylvester "the Jester"
Sa façon de créer et quelques bons conseils de bricolage.
"Details" de Axel Hecklau
Des conseils sur la créativité pour monter des routines de façon efficace ou en améliorer des anciennes. Par contre c'est dans un anglais assez germanique... C'est parfois un peu innovant au niveau des tournures de phrase. Mais c'est très bien.
Les notes de conférence "24 years of living next door to Ellis" de Tim Ellis
Il explique quelques exercices qu'il utilise avec sa femme pour
"La magie pour rire" de Duraty aux éditions Duraty
Comment insérer l'humour dans vos routines
"Frissons Magiques" de Duraty aux éditions Duraty
Le plus important dans ce livret c'est le titre : le frisson magique, c'est le saint Graal de la magie (on a de la chance nous l'avons trouvé). J'en reparlerai dans un article.
Les trois livres suivant traitent de la création de textes pour les sketch s (en anglais...). Outre l'intérêt évident que ça peut avoir pour l'écriture de vos textes, comme je l'expliquerai plus tard dans un article, une bonne vanne et un bon effet magique sont assez similaires au niveau de la structure, du rythme, de la recherche de tension, du décalage et de la surprise.
"Step by step to stand-up comedy" de Greg Dean
C'est le meilleur, parce qu'il décortique de façon détaillée la structure d'une line.
"The comic Toolbox" de John Vorhaus & "Stand-up Comedy" de Judy Carter
Deux livres qui donnent des tonnes d'excellents conseils pour créer des sketchs.
"Zen and the art of stand-up comedy" de Jay Sankey
Oui c'est bien le Jay Sankey auquel vous pensez.
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